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Rencontre avec Lila Borsali | Art & élégance

Madame Lila Borsali, symbole de la classe, de la distinction et de la réussite au féminin, se confie à nous dans une entrevue intimiste. 

Q: Comment la musique andalouse est-elle entrée dans votre vie ?
La Musique andalouse a toujours fait partie de mon univers. Petite, j’ai encore le souvenir de toutes les soirées musicales organisées dans ma famille, je ne me rappelle pas d’un mariage sans un orchestre de musique andalouse, donc, je dirai que cette musique fait partie de moi.

Q: Devenir chanteuse, était-il un rêve de petite fille ou un concours de circonstances ?
Petite fille, je ne pensais pas qu’on pouvait en faire un métier, j’ai toujours pratiqué cet art en milieu associatif et mon seul but était d’apprendre autant que je pouvais. Après mes passages dans les différentes associations et une fois arrivée à Alger, Mr. Abdelhadi Boukoura, chef d’orchestre de l’association Les Beaux Arts d’Alger, m’a proposé son aide pour enregistrer mon premier album et cette aventure a commencé.

Q: Vous assumez votre préférence pour la nouba. Qu’est ce qui vous plaît tant dans ce style musical ?
Oui, il est vrai que j’ai une nette préférence pour la Nouba ! Je la trouve majestueuse par cette succession de petites poésies sous forme de Muwashahate et Ajzal, riche aussi par cette multitude de rythmes qui vont du plus lent au plus rapide. Et puis, je trouve qu’il y a à travers la Nouba une possibilité de raconter une histoire à plusieurs épisodes.

Q: Vous jouez de plusieurs instruments. Lequel est votre préféré et pourquoi ?
Je n’aurai pas la prétention de dire que je joue de plusieurs instruments. Durant ma formation, j’ai joué de deux instruments: la mandoline comme instrument de base, puis la kouitra qui m’accompagne depuis. Ceci dit, depuis deux ans, j’ai préféré me consacrer entièrement au chant, ce qui m’a poussé à me délaisser de mon instrument et me lever de ma chaise, afin d’optimiser mon interprétation vocale.

Q: Comment gérez-vous le trac avant de passer sur scène ?
Difficilement (rires), j’avoue que les heures qui précèdent la montée sur scène sont un vrai cauchemar pour moi, je deviens très irritable et très anxieuse. J’essaye tout de même de faire de grandes respirations et de rester concentrée dans mon coin.

Q: Si vous deviez décrire votre profession en un mot, quel serait-il ?
Passion, et ça rime avec profession !

Q: Si vous n’étiez pas interprète de musique andalouse, que feriez-vous à la place ?
Ce à quoi j’ai été formée durant mes études supérieures : architecte d’intérieur et designer

Lila Borsali

Q: Comment arrivez-vous à concilier vie professionnelle et vie de famille ?
J’ai la chance d’avoir des filles qui sont grandes et qui se gèrent parfaitement. J’ai aussi, entourage qui m’aide, donc, les choses se font naturellement.

Q: L’album “Housn Es-Selim” en hommage à votre défunt mari est différent. Quelle est son histoire?
Lors d’une émission TV, j’avais eu la possibilité d’inviter des personnalités culturelles de la ville de Tlemcen, j’ai donc choisi le professeur Toufik Benghabrit. Le débat s’est soudain porté sur l’absence de création dans la musique andalouse et précisément dans la Nouba ; sachant que le Pr. Benghabrit était déjà habitué à composer dans le style Hawzi et Madih. J’ai donc lancé le défi aux poètes actuels pour qu’ils écrivent dans le style des Muwashah.
Quelques mois plus tard, le Pr. Benghabrit m’appelle et me dit qu’il a une surprise pour moi. Il m’envoie ce qu’il a écrit et là, c’était la grande émotion, j’en ai vraiment pleuré. Il connaissait ma vie, c’est aussi un ami à mes parents, il a donc merveilleusement traduit mes émotions en ces poèmes qui ont formé la Nouba Housn Es-Selim.

Q: Demeurerez-vous puriste ou tenteriez-vous d’autres expérimentations ?
Les deux ! Mon prochain album sera encore de la création et mon prochain concert sera avec du patrimoine. Le dicton qui dit qu’il faut prendre soin du neuf et ne pas oublier l’ancien convient parfaitement

Q: Pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets en cours ou futurs?
Mon prochain album est un projet à court terme. Il sera encore une fois le fruit d’une collaboration avec le professeur Benghabrit. On ne change pas une équipe qui gagne! (rires) Nous sommes en phase de finalisation avant de commencer les répétitions avec les musiciens et l’enregistrement en studio.

Q: Les associations de musique, seraient-elles le meilleur moyen de promouvoir la musique ?
Le mouvement associatif est pratiquement le seul moyen aujourd’hui de faire de la formation en musique andalouse. Ceci dit, beaucoup d’artistes qui évoluent en solo participent aussi à la promotion de cette musique

Q: Pensez vous que la musique arabo-andalouse est démocratisée?
Elle l’a toujours été, c’est juste l’image que nous en avions qui était erronée. J’ai bon espoir en l’avenir, il y a une énergie incroyable provenant de la jeune génération, je suis sûre qu’ils sauront concilier entre patrimoine et création afin de faire perdurer cette musique.

Q: écoutez-vous d’autres styles et genres musicaux?
Evidemment ! S’il y a une chose qui est importante pour moi, c’est bien l’ouverture d’esprit. Ecouter tout ce qui se fait dans le monde est une manière de s’enrichir.

Q: Quel est votre album préféré du moment ?
« Paris » de Zaz.

Q: Quel lien entretenez-vous avec votre public Et quel message auriez-vous pour lui ?
Un lien qui me porte sur scène, un lien qui me pousse tout simplement à continuer. Tous les mercis de la terre ne seraient pas suffisants, tout ceci est pour le public et grâce au public !

Q: Quels conseils donneriez-vous aux passionnés de musique andalouse qui aspirent à suivre vos pas?
Je reviens au mot passion, il ne faut jamais le perdre de vue mais aussi, de suivre son intuition, sa personnalité. La musique que nous faisons nous ressemble, il ne peut en être autrement, donc, être soi-même



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