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That talent show, Ladies first | Neila Romeyssa

La mode est une arme, la mode est un langage

Neila Romeyssa, Fashion lady Algérienne, au style affirmé et à la tête bien pleine, ouvre le bal de notre Talent Show.
Depuis quelques années, la jeune femme se consacre à sa passion qu’elle partage au quotidien avec une communauté des plus variées. Son allure minutieusement étudiée et son assurance inspirent et prédisent une nouvelle génération d’Algériennes au caractère bien trempé.
Du haut de ses 20 ans, l’influenceuse sait ce qu’elle veut et travaille d’arrache-pied pour réaliser ses rêves et bâtir son empire. Coquète, audacieuse et sympathique, Romy est sans aucun doute une blogueuse à succès qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Je m’appelle Neila Romeyssa Sayah, j’ai 20 ans, je suis née et ai grandi en Algérie (à Alger plus précisément) jusqu’à l’âge de 18 ans. Ayant quitté mon lycée à Alger par choix en terminale, j’ai passé un bac ES français en candidate libre à Paris que j’ai eu en 2016, puis je me suis installée en France pour commencer une licence de Lettres Éditions Médias Audiovisuel à la Sorbonne, je suis actuellement en L2.

Quand et comment as-tu commencé l’aventure du blogging ?
J’ai créé mon blog en 2014, je ne me projetais pas dans quelque chose de particulier, je voulais seulement quitter les réseaux sociaux, surtout Facebook qui me prenait beaucoup de temps. Je venais d’arrêter le lycée car je voulais passer le bac tout en étant déscolarisée, j’ai donc décidé d’apprendre à créer un site web toute seule et le but était seulement de poster mes looks que je prenais en photo dans les rues d’Alger. Peu à peu je commençais à être sollicitée par des marques qui convenaient à mon style, alors je me suis dite « pourquoi pas après tout ? ».

Que représente la mode pour toi ?
La définition exacte de la mode pour ce qui est de l’habillement, c’est d’être une habitude collective et passagère. Pour moi c’est plus que ça, c’est la représentation de plusieurs univers, une représentation qui suit notre ère, qui avance, qui nous guide tous les jours dans notre manière de s’habiller. Pour moi, c’est une façon d’être, de s’exprimer. La mode est une arme, la mode est un langage. Le langage de plusieurs générations, le langage de notre ère, tout simplement.

Tu as créé TheCoffeeKnafeh. Peux-tu nous en expliquer le concept ?
The Coffee Knafeh était avant un blog éponyme, il avait comme nom « Neila Romeyssa » qui sont pour le coup mes deux prénoms. J’ai décidé de changer le nom, je ne voulais pas que mon blog tourne autour de ma personne uniquement, je trouvais ça un peu narcissique à vrai dire, surtout que je traite d’autres sujets qui ne parlent pas du tout de moi. Justement, je parle de culture, je mets en avant la mienne qui est « double ». J’ai toujours été bercée par la culture occidentale comme beaucoup de jeunes de ma génération en Algérie, mais la culture maghrébine/arabo-berbère reste toujours présente, surtout quand on vit encore en Algérie. Et c’est ça que j’adore et que j’ai voulu montrer à travers les différents articles et catégories de mon blog. En l’appelant The Coffee Knafeh, j’ai pensé à une pause-café (le café étant une boisson que l’on prend partout dans le monde, en Orient comme en Occident) et le Knafeh qui est une pâtisserie que ma grand-mère préparait quand j’étais petite (à Alger on appelle ça Lektayef plus précisément) mais je trouvais que son synonyme (employé surtout au Liban) : Knafeh, rimait mieux, et c’est justement ce mot qui donne le côté oriental. J’ai voulu attribuer ce nom à mon blog pour qu’on comprenne vraiment ma double culture à travers ce message (un peu caché haha).

Aujourd’hui, tu vis à Paris. Quel a été l’impact de ce déménagement sur toi et sur tes travaux ?
Comme vous le dites, il y a eu forcément un impact, il y en a toujours un quand on traverse la mer pour aller vivre ailleurs. J’ai été très triste au début de quitter famille et amis mais heureuse de savoir que je pouvais avoir mon autonomie à 18 ans, et à me prouver à moi-même que je pouvais être débrouillarde. Les choses ont fait que ça a été le cas, je me sens très épanouie aujourd’hui à Paris, il y a toujours quelque chose à faire, je collabore plus facilement avec des marques qui correspondent à mon univers. Mais je n’oublie en aucun cas de là où je viens, Alger reste ma vraie maison, et je dois mon inspiration en partie grâce au fait d’y avoir vécu. Aujourd’hui je suis heureuse à Paris, j’ai fait de belles connaissances et je vis de belles expériences.

La culture arabe est très présente dans tes visuels. Quel message souhaite-tu transmettre à ton lectorat?
Elle est très importante pour moi, j’aimerais que mon lectorat puisse voir que nous avons une culture très riche et très vaste. Je trouve que nous ne sommes pas assez mis en avant contrairement aux autres cultures, et c’est vraiment dommage.

Tu es actuellement étudiante à la Sorbonne. Comment arrive-tu à jongler entre ta vie d’étudiante et ta carrière d’influenceuse ?
Eh bien, je mène une double vie. Je peux avoir cours jusqu’à 16h et enchainer deux voire trois évènements d’influencers par la suite pour ensuite rentrer chez moi vers minuit, et me réveiller le lendemain à 7h car j’ai cours. Parfois, c’est des shootings à l’improviste vu que les photographes me disent qu’ils sont dispos et que j’ai une ou deux heures de libres entre les cours. J’ai une routine assez particulière, je ne m’arrête pratiquement jamais, c’est épuisant, mais tellement enrichissant, je ne connais plus tellement l’ennui.

Parle nous un peu de tes débuts en tant que blogueuse mode en Algérie ?
Au début, je descendais dans les rues d’Alger à 5h du matin avec une amie photographe pour prendre des photos. Je ne me voyais pas y aller en journée car je n’étais pas très à l’aise, je me disais que les gens pouvaient mal le prendre, ou que ça allait simplement les inciter à mal me parler. Finalement, au fil du temps, j’ai adoré faire des photos et ai rencontré des personnes très sympathiques. Mes débuts en tant que blogueuse ont aussi été marqués par le fait que les gens ne comprenaient pas vraiment ce principe, il n’y avait aucune blogueuse dans mes souvenirs qui faisaient des photos dans les rues à cette période là, et même aujourd’hui il n’y en a que très peu ; c’était plus des photos prises chez soi. Du coup c’était tout nouveau pour mon lectorat qui se développait peu à peu avec le temps

Que pense-tu de la mode en Algérie ?
Il reste beaucoup à faire, mais je trouve qu’elle se développe de plus en plus en Algérie. Quand je viens à Alger, je vois que les filles, en plus d’être coquettes en make-up, le sont aussi dans leur façon de s’habiller. C’est déjà un grand pas, beaucoup d’entre elles portent des vêtements tendances, tout comme les garçons. Il y eut aussi une fashion-week, je n’y suis malheureusement pas allée, mais j’aimerai tant, ça donne beaucoup d’espoir, et ça donne envie d’avancer dans ce domaine-là. Il faut simplement foncer, mais ça viendra avec le temps j’en suis certaine.

En parlant d’Alger tu dis : « c’est ici que je retrouve ma réelle définition. ». Comment te définirais-tu?
En fait quand j’ai écrit ça, j’insinuais qu’en ayant quitté l’Algérie, c’est un peu comme si j’avais quitté mon réel moi, je me suis rendue à l’errance en ayant quitté le pays qui m’a vu grandir. Quand je suis à Alger, je me retrouve vraiment avec moi-même, j’ai du temps pour moi sachant que je suis en vacances.

En plus d’être blogueuse mode, yu collabore avec le Huffington Post Maghreb. Qu’est ce qui t’a motivé à écrire et quels sont tes thèmes de prédilection ?
Depuis enfant, j’écris. Auparavant, j’écrivais toujours des choses qui ne m’étaient jamais arrivées, des choses qui ne s’étaient jamais produites dans ma vie ; je parlais d’amour, je narrais un voyage au Mexique, c’était ma manière de m’évader, de sortir de ma bulle. J’ai toujours aimé la littérature, d’où les études de Lettres Éditions Médias Audiovisuel que je poursuis actuellement. Alors quand j’ai eu une occasion d’écrire dans le Huffington Post Maghreb, je me suis dite que ce serait une superbe opportunité pour moi de traiter des sujets sur le Maghreb car comme je l’ai dit, pour moi, il y en a jamais assez. J’ai principalement écrit des problématiques de sociétés « es-tu sûr(e) de vouloir m’appeler beurette ? » ou encore « l’Algérien aime-t-il son pays juste le temps d’un match de foot ? », j’ai bien aimé cette idée de poser des questions dès le titre, et d’essayer d’y répondre à la première personne au fil de l’article.

Quel est le sujet que tu rêverais d’aborder sans oser le faire ?
Il n’y en a aucun, j’ai appris à toujours oser.

Comment vois-tu l’avenir de ton blog  ? Quels sont tes projets futurs ?
En ce moment, je suis plus présente sur Instagram, je souhaite changer le design du blog tout en gardant la ligne éditoriale car ça me bloque vraiment pour écrire, je suis maniaque et perfectionniste sur les bords, donc je ne suis pas à l’aise avec ce design, j’aimerais pouvoir faire quelque chose de plus agréable à lire et surtout plus original. Tous les blogs se ressemblent aujourd’hui.

La pièce mode que tu adores ?
Les bottines pointues à petits talons aiguilles, un vrai must-have.

Le fashion faux-pas qui te dérange le plus ?
Il y en a deux, les ballerines, et les mélanges abusifs d’imprimés.

Quelles sont tes influences ?
Je traîne très souvent sur Instagram (forcément haha), Pinterest, et je lis Man Repeller presque tous les jours.

Quels sont tes loisirs favoris ?
Eh bien, je bouquine souvent, j’adore flâner dans les librairies contrairement au shopping de vêtement que je préfère de loin faire en ligne. Et je suis actuellement des cours de badminton depuis presque un an, et j’adore ça haha.

Quelle est ta devise ?
Je vis au-delà du possible, je ne veux pas avoir de limite dans ce que j’aime faire, alors je n’en aurai pas! (Chose que je me dis chaque matin en me regardant dans le miroir).

Sur quels réseaux te retrouver ?
Seulement sur Instagram pour le moment. J’ai désactivé mon Snapchat, je le garde pour mes proches, et consacre mon travail à Instagram en attendant de personnaliser mon blog.

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